vendredi 7 novembre 2008

Levée de rideau

Avant de partir voir Amm@, je me suis demandé quelle inflexion prendrait au retour mon attirance pour le porno. Sans qu'il y ait sevrage net, cela fait tout de même plusieurs mois que l'addiction s'est réduite pour se stabiliser à quelque chose qui ne phagocyte plus mes journées ni mon énergie.

Déjà ça a bien commencé, de retour de Paris en arrivant au boulot, je vois une fille que je trouve d'ordinaire bien chouette en couverture d'un magazine. Là on dirait un monstre avec des cheveux affichant un sourire sardonique. Je regarde d'autres photos, il n'y a que sur celles où les filles ne sourient pas trop et ont les traits détendus que ça reste ok. Je commence à comprendre que s'imprégner de l'image d'Amm@ a des conséquences inattendues.
Bon, de retour chez moi, je vais voir le blog d'une fille qui fait le mannequin et qui se plaît à arborer cet air un chouia hautain et distant qu'une non-slave ne pourra jamais qu'imiter. De prime abord l'attirance n'est là pas diminuée. Je me mets à faire mon mantra en essayant de visualiser la divinité qui lui est associée tout en continuant à regarder les photos postées. Et peu à peu la perception que j'en ai change. L'intention devient un plus visible sur les traits du visage, l'air buté devient plus agressif et l'attirance pour la forme commence à se dissoudre.
Je tombe ensuite sur des photos d'elles bébé, yeux brillants, et ensuite quand elle a quelques années, et où visiblement elle était sous le coup d'une grosse contrariété. Le choc, on passe du monde des Dieux à une gamine sortie du Village des damnés. Et une quinzaine d'années plus tard, même si elle a réussi à masquer, il en reste quelque chose.
Je suis allé ensuite jeter un oeil sur des photos dénudées softs. Dans 9 cas sur 10 le sourire fait croire que la fille a des épingles qui lui rentrent dans la peau, et les quelques filles qui restent attirantes (principalement parce qu'elles ont des trait réguliers et ne font pas trop d'effort pour sourire), dès qu'elles prennent des poses aguicheuses deviennent grotesques.

Ceci dit, ce n'est absolument pas un état stable, c'est comme repousser de l'eau avec les mains, on se laisse accrocher par la forme et s'en est fini du détachement . Et d'ailleurs depuis, les choses à ce niveau sont complètement revenues à la "normale". Cependant je pense voir le chemin pour retrouver ça.
Pour tenter de théoriser: L'effort pour se dégager des filets du désir n'est pas exactement un effort mental qui chercherait à créer une force opposée, cultiver le dégoût pour lutter contre ce désir. Ici le mantra est le fil qui va servir à se hisser sur le plan divin, la force de l'imagination qui est véhiculée habituellement par le désir étant dirigée vers Dieu, incarné dans des formes qui nous inspirent (le Guru, une divinité indoue... ), les créatures étant alors perçues comme des émanations et leur vue ne faisant qu'aider à se libérer du monde des formes.
Une conclusion c'est qu'un sevrage réussi s'accompagnerait, non pas d'une indifférence un peu comateuse devant ces images, mais d'une vue perçante où on chercherait en vain où résidait l'attirance.
Je pense également qu'on peut voir dans cette expérience (fugace et limitée), les esquisses du chemin vers l'omniscience. Ce qui m' a sauté aux yeux dans la plupart des cas, c'est le sourire et sa crispation car c'est là qu'on voit le mieux l'intention du modèle. Un cran au dessus on pourrait voir l'état d'esprit qui anime la personne, le vécu derrière ça, bref tout une part du karma et donc Dukha, la souffrance. Pas forcément celle de quelqu'un de traumatisé, plutôt celle qui nous habite tous,celle liée à l'existence conditionnée. Le tout alimentant le feu de la compassion pour toutes les êtres (ici compris soi-même) pris dans l'océan du Samsara.

Par ailleurs étant donné la force de l'attirance pour ce genre d'image, je ne peux que regretter que je sois pas pour l'instant attiré vers Amm@ et la pratique avec une telle force. Mais bon, essayer de connecter ces 2 choses pour jouer aux vases communiquants, je pense pas que ce soit une bonne idée, du moins pour l'instant. Utiliser l'étincelle du désir pour enflammer la flamme de la dévotion certes mais je vais essayer d' attendre pour cela que mes nadis soient ignifugés.

10 commentaires:

  1. "Je suis allé ensuite jeter un oeil sur des photos dénudées softs".

    C'est John W qui va avoir des sueurs froides rien qu'à l'idée.

    "Une conclusion c'est qu'un sevrage réussi s'accompagnerait, non pas d'une indifférence un peu comateuse devant ces images, mais d'une vue perçante où on chercherait en vain où résidait l'attirance".

    L'attirance réside dans la contamination des vents, donc une fois qu'elle aura disparu, tu ne retrouveras plus rien.

    "Par ailleurs étant donné la force de l'attirance pour ce genre d'image, je ne peux que regretter que je sois pas pour l'instant attiré vers Amm@ et la pratique avec une telle force".

    Tu pourrais peut-être prendre Devi sous l'aspect du sambhogakaya, d'ailleurs si tu te souviens de l'épisode de Muktananda avec la kundalini, ça montre que les déesses hindoues peuvent être attirantes.

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  2. "L'attirance réside dans la contamination des vents, donc une fois qu'elle aura disparu, tu ne retrouveras plus rien. "

    Pour le moment, imaginer ça, pour le coup ça me file des sueurs froides.

    Là j'ai commencé Le livre de Krishna (basé sur le Srimad Bhagavatam) où A.C. Bhaktivedanta explique en préambule que toute en partie, en particulier les aventures avec les gopis, est faite pour capter l'imaginaire érotique.

    Tu peux développer concernant Devi et le Sambhogakaya ?

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  3. "Je suis allé ensuite jeter un oeil sur des photos dénudées softs".
    pas trop de sueurs froides pour l'instant, mais une invitation à méditer la différence entre "nue" et "dénudée".
    ...Comment ça, j'me la pète ?

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  4. "en particulier les aventures avec les gopis, est faite pour capter l'imaginaire érotique."

    En fait pas exactement, car ce qui sous-tend l'imaginaire érotique, et qui est beaucoup plus fort que lui, c'est l'imaginaire affectif (le petit enfant avec ses parents). Il est bcp plus facile de se défaire du premier que du second (même les homos en conviennent, or les homos prétendent généralement n'être intéressés que par la baise, mais ceux qui sont un peu observateurs notent que ce qui les pousse à la baise, c'est un imaginaire affectif, trouver qqn de parfait). D'ailleurs si tu regardes Krishna c'est pas un modèle d'érotisme, il est très androgyne et tout bleu.
    Pour moi, il est clair que mon ID capte mon imaginaire affectif, mais je n'ai actuellement envers lui aucun attrait érotique, alors que c'est le gars le plus sexy que je puisse imaginer. On en reparlera dans quelque temps, quand tu auras les canaux plus nets.

    Pour Devi, tu peux relire les 1000 noms, elle est largement décrite.

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  5. John, la plupart des vidéos X, je les trouve bien jusqu'au moment où la fille a fini d'enlever ses vêtements. Après ça devient une affaire de muqueuses pour employer ton expression.
    En fait, l'excitation n'est alimentée que tant que la partie charnelle est le support d'autre chose d'indéfinissable. Là me semble le point d'entrée pour creuser ce que dit Clearmind.

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  6. c'est pour ça qu'il faut que tu voies le clip "dénudé" de toe jam, la partie "déshabillage" va te parler, dans le genre promesses affectives brodant sur un fond d'utopie libidinale
    http://www.goodkarma.fr/2008/06/19/toe-jam-le-clip-denude-de-the-brighton-port-authority/
    je pense qu'il n'y a rien d'indéfinissable là-dedans, mais que tu vas finir par trouver tes mots.
    Par contre, après, t'es comme un con pour retourner au bouillon, parce que la sauce ne prend plus.

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  7. Oui, le seul clip à ma connaissance qui perdrait une bonne part de son intérêt en version non censurée.

    Clearmind, oui mais les femmes entourant Krishna sont elles très désirables. Et à la réflexion il me semble bien qu'elles ont effectivement aussi une certaine part maternelle.

    Au passage dans l'intro du livre il est dit en fait "Cet attrait pour les échanges amoureux représente l'aspect primordial de Dieu, la Personne Suprême, et les âmes conditionnées, fragments du Seigneur, le ressentent aussi, mais à un degré infime et de façon perverse. Aussi, lorsque les êtres qui, dans l'Univers matériel, recherchent la vie sexuelle entendront la narration des Divertissements de Krishna avec les gopis, ils goûteront par là une joie entièrement spirituelle, bien qu'aux apparences matérielles."

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  8. Le gars qui écrit ça, soit se met le doigt dans l'oeil, soit essaie de nous le mettre, en tous cas la manoeuvre est grossière. Pour que l'impulsion sexuelle se transforme en béatitude divine, il faut pouvoir expérimenter la grande béatitude simultanée, et entre un "pervers" (c'est lui qui emploie ce mot) et la grande béatitude simultanée, il y a quelques années de pratique.
    Pendant ces années, le sexe sera absent, par contre je te rassure, il sera remplacé par quelque chose de mieux.

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  9. Tu sais trouver les mots simples pour motiver. C'est de Churchill dont tu es la réincarnation, Je vous promets du sang, de la sueur, de la rétention de gouttes, et la victoire

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  10. Je préfère dire la vérité, qui est à la fois pire et mieux que ce qu'on croit. Pire parce qu'en effet, c'est dur. Mieux, parce que les états de béatitude ne sont pas réservés aux avatars et qu'on peut y accéder - et les maîtriser - sans être un grand maître. Autrement dit, une vie largement meilleure est à notre portée.

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